Mon travail artistique crée des liens entre art et artisanat à travers des masques.

Le textile, utilisé sous forme de fils ou de cordes, est le matériau principal avec lequel je travaille. J’ai grandi en Égypte, baigné par les formes et les motifs géométriques aux allures d’architecture organique. Ces ornementations complexes, conçues à partir de formes simples, me rappellent le fil et ses nombreuses possibilités d’intrications. Mon travail de masque consiste à créer des surfaces aux allures de paysages abstraits et ornés de parures chatoyant.

Mon engouement grandissant pour le travail de la main me pousse à explorer en parallèle d’autre matière comme le cuivre et la terre. J’aime leur capacité de transformation, leur temporalité d’exécution et la répétition des gestes qui leur sont associés. Les manipuler participe d’un savoir-faire ancien que je m’applique à acquérir par la rencontre avec des maîtres d’art.

Mon objectif est de créer des masques uniques à partir de techniques traditionnelles pour donner de la valeur aux matériaux. Ce travail de la main, puisement ancré dans l’histoire de l’humanité, qui lie le geste à la pensée, me permet de chercher un sens à la condition humaine. En perpétuant cette tradition de créateur de masques qui a traversé les âges du paléolithique supérieur jusqu’à aujourd’hui, je laisse apparaître dans la matière des êtres sans visages.

Face à ces masques, le public expérimente un acte de dévisagement où regarder l’altérité revient à se regarder soi. Il est alors porté sur des sujets d’ontologie qui l’invitent à comprendre sa relation au monde en questionnant les êtres que nous sommes.